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Le blues dans les années 1920, une porte vers la reconnaissance internationale

Migration des Noirs et de leur musique, La Grande encyclopédie du blues
Dans les années 1920, on assiste à l’apparition de l’industrie du disque avec les « Race Records » (musique raciale) destinés uniquement aux Noirs. Des expéditions sudistes sont réalisées pour faire enregistrer des titres aux chanteurs connus localement. Les maisons de disques Columbia, Victor, Okeh et Paramount font passer des annonces dans les journaux et à la radio, et les enregistrements sont réalisés dans des arrière-boutiques, des suites d’hôtel ou encore des studios de radio. Plus tard, lorsque de véritables expéditions sont réalisées, elles se font dans des camions munis de générateurs appelés "studios mobiles". Le premier disque blues enregistré fût Crazy Blues par Mamie Smith en 1920, pour la marque Okeh. Il s’est vendu à 75 000 exemplaires en une semaine.

Après la Seconde Guerre mondiale, apparaissent les amplificateurs pour guitares et harmonicas qui mènent à un blues plus électrique, influant le rock’n’roll.

Durant les années 1950, les Noirs américains migrent vers les villes industrialisées du nord telles que Chicago et Détroit pour y trouver du travail. Ils y forment des « ghettos », et apportent avec eux leurs traditions musicales, le blues du Delta et du Memphis. C’est la naissance du blues électrique comportant voix, guitare électrique, basse électrique, batterie et harmonica amplifié avec un micro et un amplificateur.

Lors des années 60, le blues n’est plus une musique exclusivement réservée au peuple afro-américain. En effet, les genres de musiques influencés ou créés par ces derniers deviennent populaires grâce aux musiciens Blancs aux États-Unis et en Angleterre avec le British Blues Boom. Les principaux acteurs sont les Yardbirds, les Bluesbreakers menés par John Mayall ou encore les Animals et incluent de nombreuses stars de la pop et du rock à venir: Jimmy Page, Eric Clapton ou Jeff Beck (tous trois membres successivement des Yardbirds) qui intègrent à leur musique des influences psychédéliques et pop.

Aux États-Unis, les guitaristes et chanteurs B. B. King, John Lee Hooker, et Muddy Waters ont inspiré une nouvelle génération de musiciens. L'ère des « Civil Rights » a augmenté l'auditoire des blues traditionnels, et des festivals tels que le Newport Folk Festival ont programmé des prestations de « grands » comme Son House, Mississippi John Hurt, Skip James, Big Joe Williams ou le Reverend Gary Davis. Des artistes américains comme Bob Dylan, Janis Joplin ou Jimi Hendrix, tous influencés à la fois par le blues traditionnel et le blues électrique, firent découvrir cette musique au jeune public de l'époque. L'interprétation que les artistes de cette génération donnèrent au blues aura plus tard une influence très forte sur le développement de la musique rock proprement dite.

Pendant les années 80 et jusqu’à nos jours, le blues — tant traditionnel que contemporain — a continué d’évoluer par le travail d’artistes tels que Robert Cray, Bonnie Raitt, Taj Mahal, Ry Cooder, Albert Collins, Jessie Mae Hemphill, R. L. Burnside, Junior Kimbrough, Kim Wilson, James Harman (et ses deux guitaristes Hollywood Fats Mann et David Kid Ramos), Ali Farka Touré et bien d’autres.

C’est aussi dans les années 80 que le style du « Texas blues » a été créé. Celui-ci se caractérise par l’utilisation simultanée des guitares solo et d’accompagnement. Le « Texas blues » a été fortement influencé par le blues-rock d’Angleterre. On peut citer des artistes importants de ce style : Stevie Ray Vaughan (SRV), The Fabulous Thunderbirds et ZZ Top. À la même époque, John Lee Hooker a retrouvé sa popularité, grâce à ses collaborations avec Carlos Santana (parution de l’album The Healer), Miles Davis, Robert Cray et Bonnie Raitt.