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| Migration des Noirs et de leur musique, La Grande encyclopédie du blues |
Après
la Seconde Guerre mondiale, apparaissent les amplificateurs pour
guitares et harmonicas qui mènent à un blues plus électrique,
influant le rock’n’roll.
Durant
les années 1950, les Noirs américains migrent vers les villes
industrialisées du nord telles que Chicago et Détroit pour y
trouver du travail. Ils y forment des « ghettos », et
apportent avec eux leurs traditions musicales, le blues du Delta et
du Memphis. C’est la naissance du blues électrique comportant
voix, guitare électrique, basse électrique, batterie et harmonica
amplifié avec un micro et un amplificateur.
Lors
des années 60, le blues n’est plus une musique exclusivement
réservée au peuple afro-américain. En effet, les genres de
musiques influencés ou créés par ces derniers deviennent
populaires grâce aux musiciens Blancs aux États-Unis et en
Angleterre avec le British Blues Boom. Les principaux acteurs sont
les Yardbirds, les Bluesbreakers menés par John Mayall ou encore les
Animals et incluent de nombreuses stars de la pop et du rock à
venir: Jimmy Page, Eric Clapton ou Jeff Beck (tous trois membres
successivement des Yardbirds) qui intègrent à leur musique des
influences psychédéliques et pop.
Aux
États-Unis, les guitaristes et chanteurs B. B. King, John Lee
Hooker, et Muddy Waters ont inspiré une nouvelle génération de
musiciens. L'ère des « Civil Rights » a augmenté l'auditoire des
blues traditionnels, et des festivals tels que le Newport Folk
Festival ont programmé des prestations de « grands » comme Son
House, Mississippi John Hurt, Skip James, Big Joe Williams ou le
Reverend Gary Davis. Des artistes américains comme Bob Dylan, Janis
Joplin ou Jimi Hendrix, tous influencés à la fois par le blues
traditionnel et le blues électrique, firent découvrir cette musique
au jeune public de l'époque. L'interprétation que les artistes de
cette génération donnèrent au blues aura plus tard une influence
très forte sur le développement de la musique rock proprement dite.
Pendant
les années 80 et jusqu’à nos jours, le blues — tant
traditionnel que contemporain — a continué d’évoluer par le
travail d’artistes tels que Robert Cray, Bonnie Raitt, Taj Mahal,
Ry Cooder, Albert Collins, Jessie Mae Hemphill, R. L. Burnside,
Junior Kimbrough, Kim Wilson, James Harman (et ses deux guitaristes
Hollywood Fats Mann et David Kid Ramos), Ali
Farka Touré et bien d’autres.
C’est aussi dans
les années 80 que le style du « Texas blues » a
été créé. Celui-ci se caractérise par l’utilisation simultanée
des guitares solo et d’accompagnement. Le « Texas
blues » a été fortement influencé par le blues-rock
d’Angleterre. On peut citer des artistes importants de ce style :
Stevie Ray Vaughan (SRV), The Fabulous Thunderbirds et ZZ Top. À la
même époque, John Lee Hooker a retrouvé sa popularité, grâce à
ses collaborations avec Carlos Santana (parution de l’album The
Healer), Miles Davis, Robert Cray et Bonnie Raitt.
