Lorsque les esclaves
afro-américains arrivent en Amérique au début du XVIIIème siècle,
ils apportent avec eux une culture orale et quelques instruments de musique,
tels que le tambour, le balafon et le banjo. Cependant, au milieu des
plantations les danses sont interdites car jugées trop sexuelles, ainsi que les
tambours qui sont susceptibles de véhiculer des messages de révolte.
Les journées sont
longues et le travail épuisant, alors une voix s’élève et lance une phrase
courte et cinglante, des cris qui seront répétés par les autres esclaves,
rythmant le travail dans les champs, c’est la naissance des « work
songs » ou « field-hollers ».
Souvent rattachés aux
« negro-spirituals » dû à l’expression de sentiments religieux, à laquelle ils ont rajoutés des allusions
subtiles aux manières d’échapper à l’esclavage, ces chants permettent, la
journée, de supporter le travail, et le soir d’évoquer les espoirs et la
tristesse. Il sert aussi à véhiculer les informations, lorsque par exemple des
esclaves affranchis vont de ferme en ferme pour donner des nouvelles d'untel ou
untel. Tout ce que voient les maîtres, c’est qu’ils travaillent plus vite, et c‘est
tout ce qui importe. Ces chants cadencent leur rythme de travail et ils ne se
rendent pas compte qu’ils s’encouragent entre eux. Cette forme primitive de
blues se développe et commence ainsi à migrer selon les aléas
économiques : en remontant le Mississippi vers le nord mais aussi vers la
Californie, c’est le chemin vers la liberté.
Parallèlement les esclaves commencent à
fabriquer des instruments pour accompagner leurs chants et le rythme traditionnel
du blues à 12 mesures se met progressivement en place.
Lorsque les esclaves
noirs américains sont émancipés, une autre forme d’expression musicale se repend,
le gospel. Ces chants sont incontestablement une révolte musicale contre une
Amérique raciste. Ils expriment la souffrance des noirs anciennement esclaves,
mais encore sous l’autorité blanche, particulièrement dans les États du Sud.